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Samedi 4 Juillet 2009
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La charia, le « riba » et la banque

samedi 29 septembre 2007 - par Khalid Chraibi

Un courant religieux conservateur, prenant naissance dans les Etats du Golfe, se propage depuis plusieurs années dans les autres pays musulmans, s’étendant à de nombreux aspects de la vie quotidienne. Par exemple, sous l’influence des prédicateurs du Moyen Orient, des Marocains se demandent, aujourd’hui, (comme beaucoup de musulmans résidant en Europe et en Amérique du Nord), si les opérations de banque moderne sont conformes à la charia, alors que d’autres citoyens n’hésitent pas à affirmer que seules les opérations des « banques islamiques » sont « halal ».

Cette influence des Etats du Golfe sur la culture des musulmans résidant dans d’autres pays, ressort clairement de la question posée, au cours de l’été 2006, au prédicateur qatari Yusuf al-Qaradawi, alors en visite au Maroc : un Marocain peut-il licitement contracter un prêt à intérêt auprès d’une banque marocaine, pour financer l’achat d’un logement, puisqu’il n’existe pas au Maroc de banques offrant des « produits islamiques » ?

Le prédicateur s’est référé à une décision du Conseil Européen de la Fatwa, qui autorise les minorités islamiques vivant en Europe, sans accès à des banques opérant selon les règles de la charia, à prendre de tels prêts, en se basant sur la règle : « La nécessité abolit les interdits » (addarouratou toubihou al mahdhourat). D’après lui, cette règle s’applique parfaitement au cas marocain.

L’influence des prédicateurs du Moyen Orient sur les Marocains, en matière de choix bancaires, s’amplifiera, sans doute, au cours des prochaines années, du fait que Bank al Maghrib a maintenant autorisé le système bancaire national à commercialiser des « produits islamiques » sélectionnés, dans le cadre de « fenêtres » spécialisées. Le revirement des autorités marocaines, qui se sont opposées au cours des deux dernières décennies à ce genre d’opérations, s’explique, entre autres, par l’engagement des opérateurs des pays du Golfe à investir plusieurs milliards de dollars dans l’économie marocaine, à la seule condition qu’on leur fournisse les « conduits » adéquats.

Au cœur du débat sur les institutions bancaires des deux types, on trouve le concept d’intérêt. La banque moderne l’applique dans ses opérations, alors que la banque « islamique » en nie l’utilisation. Or, dans l’esprit de nombreux musulmans, le concept d’intérêt est inextricablement lié à celui de « riba », que le Coran interdit de manière explicite et sans équivoque.

Le riba recouvre en premier lieu l’usure, sur l’interdiction de laquelle il y a unanimité. Mais, d’après une majorité des oulémas, il englobe aussi « l’intérêt sous toutes ses formes ». Mais, de nombreux experts estiment, depuis le milieu du 19è s., que l’extension de la notion de riba aux intérêts bancaires, sur la base du « qiyas » et de l’ijtihad, s’est faite sur des bases juridiques discutables, dans la mesure où les opérations de banque moderne sont de nature totalement différente de ce qui existait en Arabie, au temps de la Révélation.

En effet, ce n’est qu’aux 19è et 20è s., suite à l’occupation de différents pays musulmans par des Etats européens, que les structures bancaires modernes, utilisant des instruments financiers incorporant le concept d’intérêt, ont fait leur apparition dans ces pays. Les oulémas ont assez rapidement compris le fonctionnement du système, et réalisé que l’intérêt constituait une rémunération justifiée du capital financier et de l’épargne.

C’est ce qui explique que, depuis un siècle et demi, les Grands Muftis d’Egypte et Sheikhs d’Al-Azhar, ayant assimilé cette conclusion, déploient des efforts théoriques considérables pour établir la différence entre les intérêts bancaires (aux retombées économiques positives et donc souhaitables) et le riba prohibé.

Ce n’est guère le lieu de citer, ici, toutes les fatwas significatives énoncées sur ces questions, en Egypte, pendant le dernier siècle. Muhammad Abduh, Mahmud Shaltut, Muhammad Sayyed Tantawi ou Nasr Farid Wasil (tous Grands Muftis d’Egypte et Sheikhs d’Al-Azhar), sont les auteurs de textes importants, pour ne citer que certains des noms connus sur le plan international. Tous ces éminents experts de la charia considèrent que l’assimilation du riba à l’intérêt bancaire est discutable, et constitue une interprétation abusive des règles du droit musulman.

Abd al Mun’im Al Nimr, ancien ministre des Habous d’Egypte, fournit une bonne illustration de ces propos : « L’interdiction du riba se justifie par le tort porté au débiteur. Mais, puisqu’il n’y a aucun tort porté aux personnes qui procèdent à des dépôts dans une banque, l’interdiction du riba ne s’applique pas aux dépôts en banque. » Des raisonnements similaires s’appliquent aux divers autres aspects des opérations bancaires.

Quand on limite le domaine du riba à celui de l’usure, comme le font ces juristes islamiques éminents, la banque moderne n’est plus concernée par le riba, puisqu’elle ne se livre pas à l’usure. Et c’est exactement cela le raisonnement marocain en la matière, par exemple.

Quant à la proposition selon laquelle les activités des banques islamiques n’incorporent pas d’intérêt, elle soulève un débat de fond. D’après certains, ces banques se contenteraient, dans certains cas, de procéder à des manipulations sémantiques, substituant un mot à un autre (« loyer » au lieu d’ « intérêt », par exemple) ou introduisant des étapes multiples dans une procédure (rédaction de deux contrats au lieu d’un seul), pour atteindre leurs buts lucratifs, tout en respectant, en apparence, les stipulations de la charia. Cela ferait partie des « hiyals » (ruses juridiques) dans lesquelles les théologiens musulmans sont passés maîtres, au cours des siècles.

Ainsi, par exemple, un musulman habitant aux Etats-Unis, et cherchant à acheter un logement en utilisant un crédit bancaire, s’est adressé simultanément à une banque américaine conventionnelle et à une banque islamique opérant aux Etats-Unis pour obtenir leur devis au sujet du coût global de l’opération. A sa grande surprise, le devis de la banque islamique était plus élevé que celui de la banque conventionnelle américaine. Il s’est adressé à un site islamique d’internet, pour essayer d’obtenir une explication. Un théologien renommé lui a répondu qu’il y avait encore peu de banques islamiques opérant aux Etats-Unis, d’où les devis élevés de ces dernières.

Mais, continuait-il, la situation ne manquera pas de s’améliorer, à l’avenir, quand il y aura suffisamment de banques islamiques en activité sur le territoire américain, pour les obliger à baisser le prix de leurs prestations du fait de la concurrence.

La question que le théologien n’a pas abordée dans sa réponse, et qui est pourtant importante, est la suivante : « Si le devis de la banque islamique qui n’applique pas d’intérêt est supérieur à celui de la banque conventionnelle qui en applique un, quel est l’avantage pour le consommateur qu’une banque n’applique pas le taux d’intérêt assimilé au riba, si elle lui fait payer des commissions et des frais d’un montant supérieur à celui qu’impliquent le taux d’intérêt et les frais des banques conventionnelles ? »

Car, il faut bien le constater, le prêt sans intérêt de la banque islamique lui revient plus cher (ou dans le meilleur des cas aussi cher) que le prêt avec intérêt de la banque conventionnelle. Ce n’est certainement pas l’objectif recherché par l’islam, quand il dénonce la pratique du riba.

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Khalid Chraibi

Economiste (U. de Paris, France, et U. de Pittsburgh, USA), a occupé des fonctions de consultant économique à Washington D.C., puis de responsable à la Banque Mondiale, avant de se spécialiser dans le montage de nouveaux projets dans son pays.

Du même auteur, à lire sur oumma.com :

Vos réactions et commentaires sur cet article

1er octobre 2007
Aziza a dit :
Merci pour cet article qui donne à réfléchir. Très intéressant et qui se différencie des analyses simplistes que certains nous servent derrière des discours religieux moralisateurs. (Lire la suite)
1er octobre 2007
Urluberlu a dit :
D’un coté l’auteur se plaint du fait que certains suivent des savants du moyent orient et de l’autre il ne voit pas d’inconvenient à ce que Cheick Qardawi compte parmi les savants du conseil EUROPEEN de la fatwa... Le (...) (Lire la suite)
30 septembre 2007
ibn 3affan a dit :
Salam, Je voudrais apporter ma contribution à vos articles pour la grande majorité très instructive. Pour ma part, ma position vis à vis de la prise d’intérêt sur un prêt est que son interdiction fait suite à un but de justice : celui (...) (Lire la suite)
30 septembre 2007
il faut aussi tenir compte de l ’inflation. Si l’argent perd de sa valeur le remboursement devra tenir compte de cette dévaluation relative et ce ne sera pas de l’intérêt. (Lire la suite)
29 septembre 2007
Mohamed a dit :
Salame, Merci à l’auteur de l’article d’avoir écrit sur un sujet qui ne fait pas, apparemment, l’unanimité entre les musulmans. M. Khalid Chraibi se contente de décrire les changements de comportement des banques (...) (Lire la suite)
29 septembre 2007
Habib a dit :
Emettre des critiques sur les pratiques des banques islamiques du moyen orient est une chose. Valider le modèle de pratiques financières contemporaine en est une autre. Concernant le Halal / Haram, je me permet de faire remarquer que dans (...) (Lire la suite)
29 septembre 2007
salim a dit :
salam aleikum quand je lit je me rend dans tous mes états car voila je vie ici en europe depuis plus de 4ans et je répond juste a tous ceux qui se caches deriére (adarouratou toubih el mahdourat) juste vous dir qu’ici y’apas de (...) (Lire la suite)
29 septembre 2007
Anis a dit :
je vous citerai un exemple concrêt d’une banque soit-disant islamique en algérie qui propose des prêts pour achat de véhicules qui reviennent beaucoup plus chères par rapport aux prix des banques traditionnelles qui appliquent un taux (...) (Lire la suite)
29 septembre 2007
Lola a dit :
Grand Merci à Abdou de faire le juste parallèlle entre ces adeptes, masqués ou sincères, du Riba et les Protestants instaurant le "libre examen" qui les a conduit à abandonner les rites sacrés du Christianisme... (et à inventer le Capitalisme). (...) (Lire la suite)
29 septembre 2007
Waglioni a dit :
En toute rigueur, le capitalisme moderne est en contradiction totale avec l’Islam. En effet, si l’on veut bien convenir que le modernisme en matière financière consiste à passer du stade des calculs de bilans à celui des flux, on ne (...) (Lire la suite)
29 septembre 2007
Abdou a dit :
L’auteur de l’article fait référence à la fatwas du conseil musulman européen, cité par Al Qaradaoui.Le conseil musulman de la fatwa veut se substituer à Allah soubhanahou wa taala. Ce sont les nouveaux protestants du monde Musulman. (...) (Lire la suite)
29 septembre 2007
Hakim I. a dit :
SalamouAleikoum, Le principe de prêt à intérets mettra petit à petit l’économie mondiale à genoux. Il faut se rendre compte qu’il s’agit d’acheter de l’argent à un prix bien plus élevé que sa valeur initiale, on (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
Mazri Omar a dit :
Il faut aller plus loin que l’interêt pour comprendre la signification et l’interdiction du Riba. Mohamed éclairé par la Révélation ne peut interdire une pratique ni l’assimiler à un inceste commis à l’intérieur de la (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
Saliha a dit :
Pendant que les grandes puissances élaborent des stratégies pour l’avenir, investissent dans les technologies de polntes, développent le nucléaire... Bref ont une stratégie de developpement ouvert sur le monde. Nous, "musulmans", nous en (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
farid B a dit :
"l’accession à la propriété est le moyen pour lui de se mettre à l’abri du risque de se retrouver un jour à la rue avec sa famille (s’il est, pour une raison ou une autre, expulsé du logement qu’il loue par exemple ; ou (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
farid B a dit :
Bonjour, Il faudrait plusieurs tomes pour aborder un sujet qui exige des connaissances importantes en jurisprudence musulmane et dans le domaine bancaire pour comprendre les mécanismes qui sous tendent le fonctionnement du systeme bancaire. (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
salam alikum wa rahmatullah, Cet article ainsi ques les réactions qu’il suscite sont très intéressants. Merci à Kadour pour l’extrait des travaux d’Hubert Houdoy. Je tenais juste à rappeler certains versets du Coran (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
Maranan a dit :
Brillante analyse. Je ne suis pas pour ma part un adepte du Cheik Quaradawi que je respecte certes, qui a un savoir incontestable, mais il n’est pas le seul. Nous devons avoir plusieurs point de (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
Aziz a dit :
Salam L’article traite deux questions différentes. Primo, l’intérêt non usuraire peut-il être considéré comme de la Riba ? Secundo, en dépit de ce que l’auteur considere des "hayal", les banques islamiques pratiquent-elles (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
Mess a dit :
Bonjour à tous, Salam alïkoum, En effet cet article pose bien la question du tort, de la nécessité et la distinction entre intérêt et usure, cependant il n’est pas étendu à la question de l’investissement productif ( projet (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
Hacène a dit :
Je tenais à féliciter Khalid Chraibi pour la qualité de cet article. Il est fondamental d"élaborer une jurisprudence musulmane qui tienne compte de la présence de millions de musulmans au sein de pays à la tradition séculiaire. L’Islam (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
azertyuiop a dit :
Tout compte fait pour paraître musulman vis à vis des autres aujourd’hui il faut être un vrai pigeon ou riche comme crésus. Il faut se payer des habits plus chers quitte à se les coudre tout seul ou toute seule. Il faut acheter le pain (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
Mariame a dit :
Il serait interessant que Oumma organise un débat de fond sur cette question. les musulmans de france se trouvent piégés et désorientés quant à ce probléme qui les touchent de trés prés et u excluent un certains nombre d’entre eux du (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
smaoui a dit :
salam Ce qui préoccupe le musulman en premier lieu c’est l’achat immobilier. Une banque islamique qui vous propose un prêt pour l’achat d’une maison et qui n’en n’était pas propriétaire c’est pour moi (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
Happywiseman a dit :
Assalam alaikom, Bonjour, Cet article est loin d’avoir le niveau de rigueur nécessaire quand on traite un sujet aussi grave que le "Halal" ou le "Haram", qui ne peut être débattu qu’entre des spécialistes reconnus par la "Oumma" (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
Mohamed a dit :
Regardez les consequences des subprimes sur l’economie mondiale...On a touché le point de faillite planetaire à cause de riba... Mais maintenant c’est vrai aussi que le cout de certain loyers sont trop elevé et qu’il y a danger (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
anis a dit :
j’ajouterais seulement une précision que le Dr Chraibi a oublié de mentionner au début de son remarquable article que le courant religieux conservateur, prenant naissance dans les Etats du Golfe s’appel le WAHABISME "wa l’iyade (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
Salam Aleikom , Encore un article qui vise à rendre licite une forme de Riba. Aucune preuve n’est apportée si ce n’est des références à des cheikh de l’ Azhar dont on connait leur dépendance vis-à-vis de l’Etat (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
Farid a dit :
Khalid Chraibi reprend le commentaire d’Abd al Mun’im Al Nimr, ancien ministre des Habous d’Egypte,qu’il semble partager et qui dit : « L’interdiction du riba se justifie par le tort porté au débiteur. Mais, (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
Sabiha a dit :
Un jour, un Théologien Soufi, répondant à une question que je lui posais, m’a répondu : "En Islam, tout est permis sauf ce qui est interdit" après, les décision se prennent par l’"Ijmaâ", (que l’on peut traduire par "la (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
Amati a dit :
Remarquable ! Les banques dites" islamiques" comme si une banque pouvaient l’être, bientôt on dira un ordinateur "islamique", une voiture "islamique", un avion "islamique" bref à force de tout vouloit islamiser, cela va tourner au (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
Saliha a dit :
Excellent Khalid Chraibi, voilà également ce qu’en dit Mohamed Talbi : Mohamed Abduh (mort en 1905), le plus grand réformateur du XIXe siècle, autorise le prêt à intérêt sur la base de la distinction entre ribâ’ (usure) et (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
Ce texte de très bonne qualité resté imcomplet. En effet un point a été (volontairement ou pas) négligé par l’auteur. Si la question du "Intérêt = Riba ?" reste à creuser, une autre question concernant les activités des banques "modernes" (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
Kadour a dit :
Merci Monsieur Chraibi pour cette analyse éclairante. 1.5) L’économiste Keynes et l’intérêt : Dans son étude des travaux de l’économiste Keynes, Hubert Houdoy écrit : "L’obstacle à l’investissement et à (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
Laghouat a dit :
a) La nécessité vitale (adh dharoûrah) fait loi et elle permet de lever certaines interdictions : Les juristes musulmans sont unanimes à ce sujet. b) Un besoin réel (hâdjah) peut, lorsqu’il se généralise, atteindre le statut de la (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
Karim a dit :
Cet article très convaicant pose le pb comme il le faut. La question du riba doit être traité avec sérieux à la limière des nécessités economiques et financières internationales dont nosu ne pouvons nous (...) (Lire la suite)
28 septembre 2007
Epictète a dit :
salam merci pour cet article, ça fait longtemps que j’essaye de comprendre pourquoi cet état de fait mais à chaque fois que je demandait un avis on me répondait HARAM, point barre. mais alors si j’ai bien compris votre texte, " les (...) (Lire la suite)
 
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